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"L'art, ça ne soigne pas la folie,
mais ça permet de la vivre."
Joël DELAUNAY


Musée Art et Déchirure Sotteville-lès-Rouen
  1. Merci pour votre commentaire. Pour cette demande, le passage par le mail "contact" dans "Infos pratiques" serait sans doute plus…

  2. Bonjour, Mon compagnon et moi-même souhaitons assister à la conférence « Ce que l’Art Brut a fait à André ROBILLARD…




Collection : Marion OSTER dite LUCRÈCE

Marion Oster est née au Niger et a vécu au Mali et en Mauritanie avant de créer l’espace culturel Lucrèce à Paris, dans les années 1990. Elle dirige en 2017 la galerie Le Cœur au ventre à Lyon. Elle a été artiste en résidence à La Galerie des Nanas durant l’été 2014.

Marion OSTER dite LUCRÈCE, poupée tatouée, collection Musée Art et Déchirure

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2017 :

Marion Oster par Gérard Sendrey
Je n’ai pas la prétention d’apprendre aux lecteurs du présent texte que la fonction créatrice ne saurait être subordonnée à un savoir ni à la volonté de concrétiser une idée déjà bien réfléchie. La création est la définition d’une mise au monde de ce qui n’existait pas encore dans l’univers individuel de son inventeur à titre personnel.. Il peut éventuellement s’agir d’une découverte similaire à une autre déjà faite ailleurs et en d’autres temps. Cependant, l’une ou l’autre novation est marquée par la personnalité de son auteur telle que résultant de son parcours personnel dans des conditions propres à son cadre de vie particulier. Cette situation existentielle marque toutes les manifestations spontanées de qui s’adonne à ce genre d’activité. C’est ce caractère originel qui manifeste la forte personnalité de l’artiste par rapport à d’autres qui veulent inscrire leurs productions au goût du jour avec le désir de plaire pour en tirer profit. Pas question pour Marion Oster de se ranger à se genre de comportement. Elle ne s’emploie pas à faire ce que l’on peut attendre d’elle mais à proposer en toute liberté ce que l’on n’attend pas. Elle n’inscrit pas sa démarche en un mouvement particulier comme il y en a toujours, au fil du temps, dans l’actualité artistique du moment. On pourrait, à la vue d’une des émanations de sa créativité toujours en mouvement, pencher.pour son assimilation à une forme d’expression ayant déjà pignon sur rue mais il s’agirait alors d’une position d’esprit banale, très en vogue chez nombre d’amateurs s’attribuant la capacité de reconnaitre la façon de faire d’un tel chez tel autre en se donnant ainsi à eux-mêmes l’illusion qu’il portent sur l’œuvre un regard des plus avertis au service d’une grande.compétence en la matière. C’est la confusion classique d’un grand nombre entre la vision intellectualisée nourrie de considérations amplement médiatisées et le ressenti émotionnel hors tout ligne de conduite suscitée par les critiques assermentés qui se voudraient généralement au-dessus d’une mêlée dont leur seul souci est de sortir eux-mêmes vainqueurs.

Notice du catalogue du Festival Art et Déchirure 2016 :

Les Boites de Marion Oster dite Lucrèce

De loin comme des fleurs fraîches…De plus loin des autels portatifs… Un air américain du sud, des couleurs qui crient de douleurs cruelles ensevelies sous les amulettes…Ces boites sont des églises dans lesquelles on pénètre si doucement qu’on entend ses pas sur les dalles… On s’avance dans une forêt de vœux et d’ aveux curieusement incarnés par des objets du culte…La main de celle qui fait ne se montre jamais : on connaît ses choix, ses combinaisons, ses accumulations mais on ignore si elle existe. Elle ne voudrait pas briser le charme qui relie toutes ces reliques… Elle s’oublie dans son travail qui la mène hors du temps, hors de ce sol, là où règne l’Amour absolu. Offrandes, dons minuscules, la pacotille pimpante qui permet de payer le voyage.Là où il est possibles d’espérer. Là où il est possible de demander pardon, une rémission, une trêve…La main invisible avoue qu’ elle fait du beau pour qu’on la voie…elle se voue toute à sa propre absence…Être ou ne pas être…Dire et se taire…Souffrir et s’abandonner…Séduire et attendre… Avoir été la proie,et châtier le chasseur…Cela en pensée muette afin d’être mieux comprise…Rien imposer, la victime organise sa conscience mutilée…aucun dû… De là-haut une flèche viendra,un signe…une caresse ou un acte qui pique…Tant de petites choses avancées n’ont pas la vocation d’appeler une vengeance…une réponse aux blessures… les questions difficiles seront résolues, la loi du talion sera exclue… Que de soins, que de minuties, que de délicatesses!…alors qu’il y a sans doute des malheurs énormes qui ont sévi! Le fracas ne console pas, la peine pleure doucement… Dans ces boites – dans ces églises- on crée les conditions d’un miracle salvateur. On imagine une fin heureuse à des catastrophes intimes. On se prépare à un nouveau, sous d’autres soleils…

Alain ARNEODO


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