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"L'art, ça ne soigne pas la folie,
mais ça permet de la vivre."
Joël DELAUNAY


Musée Art et Déchirure Sotteville-lès-Rouen
  1. Merci pour votre commentaire. Pour cette demande, le passage par le mail "contact" dans "Infos pratiques" serait sans doute plus…

  2. Bonjour, Mon compagnon et moi-même souhaitons assister à la conférence « Ce que l’Art Brut a fait à André ROBILLARD…




Origines du CHR : de Saint-Yon à Quatre-Mares

Histoire d’un lieu de santé mentale

Chronologie :

1714-1789 : manoir de Saint-Yon, rue Saint-Julien, quartier Saint-Clément à Rouen : maison-mère des Frères des Écoles chrétiennes (d’où l’appellation de « Frères Saint-Yon »).
1740 : un « Pensionnat de force » et une section destinée aux jeunes aliénés sont implantés au sein de cette maison d’éducation.

Façade de l’ancienne église Saint-Yon, rue Saint-Julien

1792 : fermeture du couvent de Saint-Yon.
1808 : création d’un Dépôt de Mendicité
1821 : le Dépôt de Mendicité est remplacé par l’Hospice d’Aliénés : début de la psychiatrie.
1838 : l’hôpital devient une référence pour le traitement des maladies mentales. Malgré plusieurs agrandissements, le nombre croissant de pensionnaires oblige à l’ouverture d’une « succursale rurale ».


1845-1854 : construction de la « succursale rurale » à Sotteville-lès-Rouen, dans le hameau de Quatre-Mares sur le terrain dit « Clos de la Haie Brout » de M. Prevel, acquis par le Département.

1851 : ouverture du nouvel établissement.

1875-1879 : construction d’un deuxième asile sur la commune de Saint-Étienne-du-Rouvray ; il est administré par la communauté des sœurs de Saint-Yon.
1879 : fermeture du « Vieux Saint-Yon ».
Les deux asiles sont administrés séparément jusqu’à la fin du XIXe siècle ; la limite entre les deux correspond à la limite des deux communes :
– Au nord, sur Sotteville-lès-Rouen, « Quatre-Mares » était destiné aux hommes.
– Au sud, sur Saint-Étienne-du-Rouvray, « Saint-Yon » était destiné aux femmes.

Entrée Nord, Hôpital des hommes

Entrée Sud, Asile de Saint-Yon (hôpital des femmes)
L’Administration de l’Asile Départemental de Saint-Yon (Saint-Étienne-du-Rouvray)

1920 : la réunion des deux asiles donne naissance à la « Maison de Santé Départementale », puis « Hôpital Psychiatrique Départemental » en 1938. 2700 malades y sont hospitalisés.
1940-1944 : les bombardements détruisent 70 % des bâtiments.


45 000 personnes meurent en France dans les hôpitaux psychiatriques durant la guerre : le Dr Lucien Bonnafé parle d’ « extermination douce ».


1945 : début d’une lente reconstruction (rôle central du Dr Bonnafé, psychiatre désaliéniste et père de la politique de secteur psychiatrique, maire de Sotteville-lès-Rouen en 1952-1953). Hommes et femmes restent séparés.
1963 : une importante réforme de la psychiatrie amène à la réorganisation du plan de l’établissement : certains grands bâtiments disparaissent au profit de structures plus petites, sectorisées par activité et non plus par sexe.
1968 : suite à la loi sur le statut des hôpitaux psychiatriques, l’hôpital devient « Établissement Public Départemental », puis « Centre Psychiatrique du Rouvray » en 1973, puis « Centre Hospitalier Spécialisé du Rouvray » en 1979, puis « Centre Hospitalier du Rouvray » en 1991.
Le projet définitif du nouvel hôpital est adopté en 1969 et les premiers travaux débutent en 1971.

Unité d’hospitalisation Henri Ey

Le pavillon des femmes (pavillon de la Roseraie), situé au sud-est du parc, qui abrite aujourd’hui le musée Art et Déchirure dans son rez-de-chaussée, est fermé en 1982. Il est caractéristique de l’architecture hospitalière et asilaire de la fin du XIXème siècle : un bâtiment à façade en brique rouge, composé d’un alignement de salles longées par un couloir latéral éclairé par de hautes fenêtres.


Couvent, caserne et prison : un peu de chacun de ces héritages participe à l’esprit des lieux, avec en commun le témoignage d’un évident esprit d’ordre et de rationalité.

En somme un lieu dont tout l’ordonnancement semble contredire la notion de singularité, de différence, de désordre ou d’étrangeté.
C’est justement cette contradiction, ce paradoxe, qui fait la justesse et la richesse de cet « oxymore muséal » qu’est le Musée Art et Déchirure.


En complément :

L’Actu du Rouvray # 114 – 2022 – p. 8-11.


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